Sur la côte atlantique française, le site de l’Amélie, à Soulac-sur-Mer, s’étend sur près de deux kilomètres et concentre un linéaire continu de vestiges archéologiques datés du Néolithique (≃ 5000 ans avant notre ère), jusqu’à l’Antiquité tardive (VIIème siècle). Soumis à une érosion accélérée, ce site voit ses vestiges apparaître lors d’une marée et disparaître lors de la suivante, cachés par un banc de sable ou détruits par la force des vagues. Dans ce contexte particulièrement instable, il est essentiel d’enregistrer un maximum d’informations sur les structures émergentes avant qu’elles ne disparaissent.
Pour mieux comprendre ce site, une équipe de chercheurs de l’Institut de Systématique, Evolution, Biodiversité (ISYEB - CNRS/MNHN/Sorbonne Université/EPHE/Université des Antilles) et du laboratoire « De la préhistoire à l'actuel : culture, environnement et anthropologie » (PACEA - CNRS/Univ. de Bordeaux/Ministère de la Culture) ont mobilisé l’archéoentomologie, discipline qui étudie les vestiges d’insectes découverts sur un site archéologique.
Les assemblages de coléoptères (scarabées) révèlent des pratiques d'élevage de bétail du Néolithique à l'Antiquité. Les proportions de coléoptères associés aux déjections animales indiquent une densité d'animaux au pâturage remarquablement élevée dès le Néolithique. […]

Référence
Lisa Richelmi, Jean-Bernard Huchet, Frédéric Santos, Florence Verdin,
Rolling through time: Scarab remains reveal 4,000 years of coastal pastoralism and biodiversity dynamics in western France,
Journal of Archaeological Science, 2026