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L'expérience du terrain, un incontournable pour Aldo Sottolichio

Ancrer les enseignements dans la pratique et le concret tel est l’objectif des enseignants-chercheurs des Masters MER et Sciences de la mer. Sur le terrain, ils déploient des TP pour la formation des futurs biologistes marin et océanographes. Aldo Sottolichio, lui-même enseignant-chercheur à l’Université de Bordeaux et membre du laboratoire EPOC, revient sur l'excursion sur la sédimentologie du Bassin d'Arcachon, incluant l'observation de la Dune du Pilat et des dunes sous-marines.. Il souligne l’importance de ces moments de transmissions.

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En tant qu'enseignant chercheur, vous êtes au moins autant face aux étudiants qu'au labo, quelle importance cela revêt pour vous cette dimension d'enseignement ?

Cette dimension est bien sûr importante, non seulement parce que c'est dans nos missions, mais aussi parce c'est une réelle source de motivation. En effet, transmettre nos connaissances est déjà en soi satisfaisant. Et ça implique un défi à relever : celui d'expliquer le fonctionnement complexe de l'environnement en le rendant compréhensible. De plus, cela nous permet de rencontrer les futurs candidats aux stages et thèses dans nos laboratoires. Il y a là la future génération de scientifiques, et parmi eux, nous futurs collègues. Tout cela est très stimulant, mais ça demande du temps, évidemment.

Les master MER et Sciences de la mer de l'université de Bordeaux proposent de nombreux TP et sorties sur le terrain. Vous y êtes attachés, pourquoi ?

Dans les sciences de la terre et de la mer, le terrain est, comme le labo, le lieu de la pratique. L'enseignement théorique en salle ne sert vraiment que si l'on fait l'expérience du terrain, sans quoi l'acquisition de savoir-faire serait incomplète. L'échantillonnage, la mesure, l'observation sur le terrain (la mer, le littoral mais aussi les milieux continentaux) nécessitent d'appliquer des méthodes, des protocoles, des techniques spécifiques, avec du matériel parfois très sophistiqué ; cela demande un apprentissage qui doit commencer au plus tôt dans le cursus. 

Lors de l'excursion dans le bassin d'Arcachon, vous abordez à la fois la dynamique dunaire éolienne (dune du Pyla) et l'étude des courants et des signatures qu'ils laissent dans les sédiments, pourquoi est-ce important d'étudier ces questions pour les étudiants ?

Cette excursion fait partie du tronc commun du Master Sciences de la mer. C'est la découverte du socio-écosystème du bassin d'Arcachon, où l'évolution naturelle est impactée par les usages et par l'action humaine. Ici nous présentons aux étudiants les dunes car ce sont des objets sédimentaires qui, à des échelles de temps et d'espace très variables, enregistrent l'énergie de leur environnement dans leur géométrie. La Dune du Pilat, construite par le vent, est un lieu touristique qui n'est plus à présenter. Et en même temps, c'est une archive de l'évolution des climats en Europe depuis plus de 2000 ans. De plus, des équipes de recherche internationales y ont appliqué des méthodes sophistiquées de datation des grains de sable, et réalisé des fouilles archéologiques d'intérêt majeur.

La plage de Pereire est, quant à elle, un autre lieu récréatif, où l'on peut observer des dunes sous-marines construites par les courants de marée et les vagues, qui évoluent d'heure en heure. L'étude de leur géométrie changeante aide à comprendre le mouvement actuel des masses d'eau du bassin d'Arcachon, et en même temps donne les clés pour étudier les dunes sous-marines fossiles, visibles dans les affleurements géologiques, qui aideront à comprendre les environnements anciens.

Portfolio

Photographies : A.Reteau/université de Bordeaux